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Miroir magique (Le) | Note générale: 3
Miroir magique (Le)

Miroir magique (Le)

A sa sortie de prison, Luciano est attristé par la mort de sa mère. Son frère lui trouve un travail chez la riche Alfreda. Celle-ci s'entoure de curés et d'hommes d'instruction biblique, comme l'étrange professeur Heschel, pour préparer son voyage en terre sainte. Finalement, Alfreda reste chez elle, convaincue que la vierge Marie, une femme aussi riche qu'elle selon les théories de son entourage, lui apparaîtra. Luciano, d'abord exécré par l'obsession de sa maîtresse avec la sainte, monte un plan avec son ancien compagnon de prison Filipe Quinta, accordeur de piano. Ils engagent une actrice qui devra apparaître à Alfreda.
Note générale
3
Sortie: 2009-01-07 | Durée: 138 minutes
Réalisateur: Manoel De Oliveira
Genre: Drame spirituel

Critique de Tootpadu

Si tout va bien, Manoel De Oliveira fêtera ses cent ans dans moins d'un mois, un âge canonique qu'il aura ainsi déjà atteint d'ici la sortie de ce film. Le Miroir magique, en compétition au festival de Venise en 2005, est loin d'être son dernier film en date, puisque le vieillard d'une agilité juvénile a depuis travaillé sur une petite dizaine de courts et de longs-métrages. Alors qu'une telle activité artistique soutenue, à un âge que l'immense majorité de l'humanité ne verra jamais, est toujours aussi impressionnante, c'est surtout la fidélité envers un ton très personnel de la part de Manoel De Oliveira qui nous intrigue de film en film.
Le style du vieux maître portugais ne répond en effet à aucune exigence courante du cinéma contemporain, voire classique. Son austérité manifeste ne s'évertue pas à étudier ou à infliger l'ennui, mais à toucher par un biais plus intellectuel que visuel à des thèmes profonds, que la frénésie de l'esthétique du clip vidéo n'effleurera jamais de cette manière. Probablement le dernier grand philosophe du Septième art, De Oliveira s'interroge sur les fondements de notre culture que la plupart des cinéastes prennent un peu trop facilement comme acquis. Les manifestations éthérées de notre civilisation, tel la foi, sont ainsi au centre de ce film, qui s'articule de même d'une façon plutôt abstraite.
Les rudiments de l'intrigue servent en effet d'indices assez vagues à une structure narrative portée par de longs discours philosophiques. L'information première passe une fois de plus ici par la parole, même si le dépouillement visuel exerce toujours son pouvoir de fascination sur nous. De Oliveira pratique comme personne d'autre la technique de l'épuré et de la tension filmique entre la richesse du fond et la simplicité de la forme. Certes, Le Miroir magique est un peu long pour un tel spectacle minimaliste, au point de vider la salle de projection de la plupart de ses spectateurs longtemps avant la fin. Mais à condition de vous laisser porter par le style exigeant de De Oliveira, vous assisterez à quelques signes d'une espièglerie savoureuse, comme les remarques de l'infirmière, surtout de la part d'un cinéaste qui défie depuis des années une mort inéluctable.

Vu le 17 novembre 2008, au Club de l'Etoile, en VO

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