Seigneurs de la guerre (Les)
Dans les années 1860, la dynastie Qing est assailli par les rebelles Taiping. Le seul survivant d'une bataille sanglante qu'il croit avoir perdu à cause du retrait de ses frères d'armes du régiment Ho, le général Pang se joint à la bande des brigands de Er-Hu. Mais la guerre le rattrape, puisque les soldats de Ho investissent le village de Er-Hu pour récupérer les biens volés par les pillards. Pang propose alors aux hors-la-loi de s'enrôler, afin de ne plus subir les brimades des soldats et de ramener des richesses au village.
Critique de Tootpadu
Au début, cette super-production chinoise ressemble un peu trop aux reconstitutions historiques, qui pullulent en ce moment par exemple à la télé allemande. Pour conférer une plus grande accessibilité à leur contenu historique, ces émissions ludiques, certes, mais qui dénaturent en même temps des époques lointaines dont on ne sait finalement pas grand-chose, rejouent les moments clés des événements qu'elles évoquent. Les premières séquences des
Seigneurs de la guerre y ressemblent, tant le spectacle épouse une forme un peu trop précieuse. Cette surcharge esthétique, à l'image léchée et au montage désinvolte, était déjà le point faible du film précédent de Peter Ho-sun Chan,
Perhaps Love, dont le genre se prêtait davantage à pareil excès.
Toutefois, la portée tragique du récit prend le dessus, une fois que les brigands rejoignent les rangs de l'armée. Dès lors, le scénario, pas toujours très concentré - ce qui n'est pas étonnant puisqu'il est l'oeuvre de pas moins de huit scénaristes cités au générique -, étudie avec pompe l'éternel dilemme de la corruption des idéaux par le pouvoir. Les trois frères de sang vivent chacun de manière différente leur brusque montée de puissance militaire et d'influence stratégique. Mais l'acte d'équilibriste entre une réponse adéquate aux manipulations du conseil de guerre et la fidélité à leur sermon ne réussira entièrement à personne d'entre eux.
Enfin, le spectacle guerrier est plutôt impressionnant, après les hésitations initiales évoquées plus haut. Et le réalisateur sait faire ressortir une dichotomie saisissante et émotionnellement chargée, quoique peut-être un peu simpliste, entre le bien et le mal en temps de guerre. Version internationale serrée oblige, le rythme du film est un brin trop expéditif pour vraiment prendre en compte l'ampleur tragique de cette épopée historique vigoureuse.
Vu le 2 décembre 2008, au Club 13, en VO
Critique de Mulder
Les films de guerre asiatiques, contrairement aux films de guerre américains, ont plus tendance à s'apesantir sur le devenir des personnages principaux que sur l'action même des champs de batalle.
Ce film ne déroge pas à cette règle et pendant toute la durée du film, nous assistons au drame que subissent ses trois personnages principaux, interprétés avec talent par Jet Li, Andy Lau, et Takeshi Kaneshiro. Le drame naît non pas à cause des victoires ou des défaites sur les champs de bataille, mais par la présence d'une femme, dont deux des héros sont amoureux. Leur rivalité va entraîner leur perte et leur mort.
Le succès énorme acquis en Asie par ce film semble disproportionné par rapport à celui-ci. En effet, les scènes se suivent sans grand entrain et nous sommes loin des batailles homériques d'un Braveheart ou des Seigneurs des anneaux. Reste que voir des films asiatiques aussi inspirés est une denrée rare et nous ne bouderons pas notre plaisir de voir un Jet Li en pleine forme et loin des pitreries des oeuvres de Europacorp !
Ceux qui s'attendent à voir un film de guerre seront toutefois déçus, car ce film est surtout un drame historique.
Vu le 19 novembre 2008, au Club 13, en VO