En quarantaine
La journaliste Angela Vidal et son caméraman Scott observent la vie dans une caserne de pompiers à Los Angeles, pour l'émission de télé "Nocturnes". Au début, tout est d'un calme ennuyeux, mais après minuit, Angela et Scott accompagnent le pompier Jake et son équipier sur une intervention, apparemment d'ordre médical. A leur arrivée devant un immeuble ancien, ils sont informés par les deux policiers déjà sur place que les voisins ont appelé les secours après avoir entendu une vieille dame pousser des cris horrifiques. La caméra braquée sur elle à tout moment, Angela monte à l'étage avec les pompiers et les policiers.
Critique de Tootpadu
Les producteurs américains ont la fâcheuse habitude de vouloir refaire le moindre succès étranger à la sauce américaine, soi-disant pour le rendre plus accessible au commun de leurs compatriotes, supposément incapable de lire des sous-titres. La victime la plus récente, mais certainement pas la dernière, de cette manie mercantile, qui produit beaucoup de bouses cinématographiques et uniquement dans des cas exceptionnels un film aussi solide que
Les Infiltrés de Martin Scorsese, est
REC, l'un des films d'horreur les plus terrifiants de ces dernières années, dont un des réalisateurs, Jaume Balaguero, n'est pas par hasard le président du jury du festival de Gérardmer cette année.
En quarantaine, qui avait failli bénéficier d'une sortie en salle en France ce mois-ci, figure parmi les remakes plutôt faiblards d'oeuvres infiniment plus visionnaires. Très fidèle à la trame de l'original espagnol, cette resucée n'en reproduit guère les frissons. Le fait de voir ces deux films de façon relativement rapprochée, en l'espace de moins d'un an, enlève ainsi tout effet de surprise à cette copie inutile.
Sa seule raison d'être se résume en effet à souligner encore un peu plus la bravoure et le savoir faire de Balaguero et Paco Plaza, dont la mise en scène savait jouer avec nos nerfs avec une telle malice effrayante. Ici, c'est le côté hystérique qui prend le dessus, renforcé encore par la langue anglaise et des comédiens plus reconnaissables, qui soutiennent par conséquent moins la dimension documentaire du scénario. Enfin, les quelques modifications, comme l'ascenseur ou le dalmatien au début, n'apportent strictement rien d'essentiel à l'histoire.
Au mois de juin prochain, quand vous aurez le choix entre ce remake américain paresseux et l'original espagnol très inspiré en consultant le catalogue de DVDs en location, optez sans trop de hésitations pour le dernier, à moins d'être un fan inconditionnel du craquant Jay Hernandez, qui a le privilège de survivre un peu plus longtemps que la plupart des autres, sans en tirer pour autant un profit notable.
Vu le 31 janvier 2009, à l'Espace Lac, Gérardmer, en VO
Critique de Mulder
Les Américains ont souvent la mauvaise idée de refaire des films étrangers, ayant très bien marché sur leur marché d’origine. On retiendra pour exemple le remake du
Veilleur de nuit de Ole Bornedal par ce même réalisateur. Ce film renvoie aussi sur la portée d’un remake et la question de savoir s'il faut reproduire pratiquement à l’identique la narration du film original (comme c’est le cas pour ce film-ci) ou proposer plutôt une autre histoire.
En quarantaine est donc le remake de REC et nous montre l’histoire de manière objective, caméra à l’épaule et pratiquement en temps direct, de l’évolution d’un virus dans un immeuble de Los Angeles. Les habitants s'y font contaminer au fur et à mesure, sans pouvoir sortir de leur immeuble condamné, en quarantaine.
Ce film se laisse voir et apporte certaines petites modifications par rapport au film original, qu’on laissera au public de découvrir. Quitte à choisir entre ces deux films, l’original a toujours une meilleure patine !
Vu le 31 janvier 2009, à l'Espace Lac, Gérardmer, en VO