Ce cher mois d'août
Le mois d'août dans les montagnes au coeur du Portugal. Alors que les pompiers surveillent de près les foyers potentiels d'incendies de forêt, et que les fêtes se multiplient dans les villages, le réalisateur Miguel Gomes est en plein casting pour son film. En attendant de trouver les comédiens et l'argent nécessaires pour démarrer le tournage du scénario sur une histoire d'amour entre un jeune guitariste et sa cousine chanteuse, l'équipe s'imprègne du paysage et des us et coutumes de ses habitants.
Critique de Tootpadu
Cette docu-fiction portugaise vous propose deux films pour le prix d'un. Et si vous avez eu le privilège d'assister à la projection de presse, vous aurez même eu la bande originale en plus. Le making-of du film y paraît en effet inclus de façon sinueuse. Pendant la première heure de
Ce cher mois d'août, nous assistons ainsi aux repérages, aux rencontres avec les futurs comédiens, et aux moments de détente de l'équipe, le tout sur fond de fêtes de village et de traditions folkloriques et religieuses.
Lorsque l'intrigue à proprement parler commence finalement, nous disposons alors d'un certain nombre d'informations sur le décor et ceux qui le peupleront. Ce lien forcément enrichissant entre la fiction et son arrière-plan réaliste constitue sans aucun doute le point le plus intéressant, voire intriguant, de ce film autrement trop long. En rendant plus floue la séparation entre ces deux versants du cinéma, que sont le documentaire et les films de fiction, le réalisateur Miguel Gomes participe constructivement à la réflexion théorique sur ce qui les sépare ou les rapproche. A notre goût, il pousse cette mise en abîme toutefois un peu trop loin à la fin, lorsqu'il confronte l'ingénieur du son par rapport aux sons fantômes sur les prises. Même si cette partie ultime de son film-fleuve insiste sur l'effort commun que représente chaque tournage, elle opère en même temps une mise en question quelque peu narcissique du rôle du réalisateur.
Enfin, sans le récit cadre documentaire, qui enveloppe l'intrigue dans une bulle de considérations à la fois théoriques et pragmatiques pas sans intérêt, l'histoire en elle-même n'aurait rien d'exceptionnel. Il s'agit en fait d'une romance d'été aussi conventionnelle et presque convenue, que la démarche formelle du réalisateur, née d'impératifs de production contraignants, est curieuse.
Vu le 4 juin 2009, au Club Marbeuf, en VO