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Topkapi | Note générale: 3
Topkapi

Topkapi

La voleuse invétérée Elizabeth Lipp fantasme sur une dague précieuse, parsemée d'émeraudes, qui est exposée à Istanbul. Elle monte alors une opération pour la dérober discrètement. Son premier contact est le Suisse Walter Harper, un grand artiste du vol en tous genres, qui décide de confier la mission exclusivement à des amateurs, par peur de se faire cueillir par la police, aussitôt que le casse sera fait. Il engage ainsi le spécialiste en systèmes d'alarme Cedric Page, Giulio la mouche humaine et Hans Fisher, dont la force redoutable sera utile lors de l'entrée au musée par le toit. Pour faire entrer quelques armes compromettantes dans le pays depuis la Grèce, Harper fait appel à Arthur Simpson, un petit escroc, qui éveille sans tarder les soupçons des douaniers turcs. Simpson s'incruste alors dans la bande des cambrioleurs, afin de les espionner pour le compte de la police.
Note générale
3
Sortie: 1964-09-02 | Durée: 115 minutes
Réalisateur: Jules Dassin
Genre: Comédie de gangster

Critique de Tootpadu

Tout y est déjà dans cette comédie jubilatoire du milieu des années 1960. Un compagnon très honorable de Comment voler un million de dollars de William Wyler, sorti un an plus tard, Topkapi est en quelque sorte le prototype de la comédie de casse joviale, où le style de vie haut en couleur des gangsters revêt au moins autant d'importance que le butin visé mais pas toujours empoché. La série des films autour de Danny Ocean par Steven Soderbergh, tout comme le moins réussi Haute voltige de Jon Amiel, y prennent indubitablement leurs origines. Sauf qu'il manque à ces productions plus récentes deux éléments essentiels, dont ce film-ci dispose à volonté : du charme et de la sensualité.
Le ton est donné dès que le personnage de Melina Mercouri nous fait assez clairement comprendre que la vision des émeraudes lui procure une sensation pas loin de l'orgasme. Le lien érotique qu'Elizabeth entretient avec l'objet de tous ses désirs apporte un côté sensuel à l'intrigue, renforcé encore par les petits jeux de promiscuité auxquels elle se livre sans gêne avec ses cinq complices masculins. Cette atmosphère lourde de sous-entendus est porté à son comble, au moment de l'épreuve de lutte dans le stade, où les torses masculins dénudés et ruisselants d'huile et de sueur s'entrechoquent avec une telle intensité qu'il faudra attendre plus de trente ans pour en retrouver une séquence comparable, dans le magnifique Beau travail de Claire Denis.
Le charme de l'entreprise provient autant de la distribution prestigieuse, à l'exception notable d'Akim Tamiroff qui surjoue comme d'habitude, que de l'aspect volontairement amateur de la mission. Longtemps avant que les caméras de surveillance et autres détecteurs de mouvement n'aient obligé les cambrioleurs à suivre cette surenchère de la sophistication, les quelques maladresses et contretemps renforcent clairement l'efficacité de l'aventure. Sans oublier le scénario astucieux et pétillant, qui ne faiblit qu'à la fin, quand une erreur lors de la substitution de la dague aurait probablement fourni une conclusion plus satisfaisante.
Le réalisateur Jules Dassin était sans doute conscient qu'il était quasiment impossible d'améliorer son concept du film de casse, orchestré à la perfection dans son Du rififi chez les hommes dix ans plus tôt. Mais il en élabore ici un détournement hautement divertissant, auquel les revirements incessants et les personnages très sympathiques dans leurs faiblesses assurent une longévité certaine.

Vu le 1er juillet 2009, en DVD, en VO

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