Critiques de films
Éditoriaux
Nouvelles du cinéma
Vu le 11 décembre 2009, au Gaumont Marignan, Salle 3, en VO
En 2008 sortait sur nos écrans The Dark knight Le Chevalier noir qui fut pour moi à bien des égards le film de l'année. Un réalisateur surdoué (Christopher Nolan) avait réussi à recréer Batman Dark knight, un héros torturé par son passé et qui se vouait à faire régner l'ordre dans une ville gangrenée par la violence. Ce réalisateur s'était entouré d'excellents comédiens (Christian Bale, Heath Ledger) et avait pu s'appuyer sur un scénario brillant, ainsi que sur des effets spéciaux, qui étaient uniquement présents pour servir l'histoire et non, comme très souvent, pour colmater les failles d'un scénario linéaire et guère réussi. Cette année, j'attendais avec impatience le film qui serait pour moi le film de l'année. Le retour de James Cameron derrière la caméra, après Titanic en 1997 et des documentaires très réussis sur la faune aquatique et sur ce paquebot, annonçait ce phénomène.
De film en film, James Cameron signe une filmographie parfaite. Chacun de ses films (Aliens, Terminator, Abyss, True lies) témoigne de son immense talent de scénariste et surtout de ses qualités hors normes de réalisateur. Avatar est une histoire qui lui tenait à coeur depuis très longtemps et il a attendu que les effets spéciaux lui permettent de servir son histoire pour lancer la production de ce film. Heureux lui a pris, car les spectateurs ont la chance de découvrir une histoire universelle et superbement campée et surtout servie par des effets spéciaux révolutionnaires.
Avatar n'est pas seulement une révolution, mais une multitude de révolutions, comparable au passage du noir et blanc à la couleur. Le réalisateur s'appuie sur des effets spéciaux inédits, filmés via une caméra révolutionnaire et construite spécialement pour les besoins de ce film (la Simul Cam) et un nouveau système pour rendre la 3D optimale (Reality Camera System - également appelée RCS ou Cameron/Pace Fusion). L'objectif de transcender l'immersion du spectateur dans son film est une pure réussite. De nouveau, James Cameron dirige de main de maître l'ensemble de son casting et nous livre ainsi une histoire universelle sur les thèmes de la liberté et de l'écologie. Avatar pourrait ainsi apparaître comme le film ultime de ce réalisateur. Il est ainsi très intéressant de voir que ce film regroupe une multitude d'éléments déjà présents dans ses films précédents et dans les scénarios sur lesquels il a travaillé. Ce film repose sur l'affrontement entre des marines et un milieu hostile (comme dans Aliens Le Retour mais de manière inversée, les marines n'ayant pas ici le bon rôle). L'apprentissage de Jake Sully parmi les Na'vi nous renvoie à Point Break dont James Cameron avait été le producteur exécutif. Les scènes de guerre dans le film nous renvoient directement aux scènes de combat de Rambo II (scène de l'hélicoptère en particulier). L'affrontement Na'vi / machines nous renvoie à Terminator. Ce n'est pas non plus un hasard si nous retrouvons dans ce film Sigourney Weaver, qui fut l'héroïne de Aliens Le Retour.
A de multiples passages, ce film m'a rappelé aussi le très beau film de Kevin Costner Danse avec les loups, où un soldat luttant contre les Indiens est recueilli par eux et apprend leur us et coutumes, jusqu'à se rendre compte qu'il n'est pas dans le bon camp. Avatar montre bien que l'espèce humaine court à sa perte inexorable, car elle ne respecte plus les forces de la nature. La grande force de ce film est que l'on sent que James Cameron a véritablement créé un écosystème réaliste pour élaborer Pandora. Chaque détail de son film montre que rien n'est laissé au hasard. S'il a fallu autant de temps à James Cameron pour nous présenter son nouveau film, c'est qu'il a voulu faire d'Avatar son Star Wars. George Lucas et James Cameron ont ainsi la même vision de la science-fiction et du Cinéma. Le premier a transcendé en 1977 le Cinéma en nous livrant une space opéra avec des effets spéciaux spectaculaires et révolutionnaires. De la même manière, Avatar en met plein la vue aux spectateurs en utilisant la 3D, le format IMAX et en nous attachant à notre fauteuil pendant deux heures quarante non stop. Le temps n'a jamais passé aussi vite pendant un film et le spectateur n'aura qu'une envie après avoir vu ce pur chef d'oeuvre : y retourner une autre fois.
Avatar peut être ainsi vu comme le plus bel hommage que James Cameron rend au Cinéma. Son film est à la fois un film de guerre, un film de science-fiction, un film d'action, un western moderne et surtout une belle romance. Si vous avez adoré comme moi Titanic, Avatar va vous ravir au possible et vous transmettre la passion pour retrouver nos belles salles obscures. Samedi 19 décembre en allant découvrir ce film, j'ai eu le plaisir de voir la plus longue file d'attente que j'ai pu voir depuis très, très longtemps, quarante minutes avant le début de la séance. Toutes les séances ont été prises d'assaut à mon Gaumont du Disney Village et les trois salles n'ont pas suffi à satisfaire la demande du public. Si l'Académie des Oscars ne remet pas au moins quatre de ses prix (effets spéciaux, réalisateur, scénario, film) en qualité de reconnaissance à ce film, cela ne serait plus à rien comprendre. En attendant cette cérémonie, celle des Golden Globes devrait rendre hommage à ce brillant artiste qu'est James Cameron.
Enfin, James Cameron avait dit ouvertement lors d'une interview pour la presse que si Avatar n'était pas un grand succès, il se tirerait une balle. Heureusement pour lui et ses nombreux fans passionnés de cinéma, Avatar est de loin le meilleur film de cette année : un hymne à la vie, un film intergénérationnel, un pur chef d'oeuvre ! J'espère maintenant qu'il ne faudra pas attendre encore onze ans pour découvrir son nouveau film révolutionnaire, Battle Angel (?).
Merci James Cameron pour ce très beau cadeau de Noël que vous faites aux spectateurs du monde entier !
Vu le 19 décembre 2009, au Gaumont Disney Village, Salle 11, en VF