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Concours Zero Dark Thirty, du 24 mai au 5 juin 2013
Door La Porte du passé (The) | Note générale: 3.25
Door La Porte du passé (The)

Door La Porte du passé (The)

Léonie, la fille du peintre David, se noie pendant que ce dernier couche avec la voisine. Cinq ans plus tard, David ne s'est toujours pas remis de cette tragédie familiale. Au bout du roulot, il trouve par hasard une porte, qui donne sur un passage vers le passé, au moment précis avant la noyade de Léonie. Cette fois, David réussit à sauver sa fille. Mais il découvre que l'homme qu'il était à l'époque est également présent dans cet univers parallèle.
Note générale
3.25
Sortie: 2011-01-11 | Durée: 104 minutes
Réalisateur: Anno Saul
Genre: Fantastique
Sortie directe en vidéo

Critique de Tootpadu

Enfin un vrai film fantastique dans la sélection de ce festival, qui n'est au fond qu'un fourre-tout de plusieurs genres (horreur, science-fiction, thriller), qui ont au mieux un rapport éloigné avec le cinéma fantastique ! Mais les bonnes surprises ne s'arrêtent point là, puisque The Door est peut-être ce que la compétition a de plus solide et de plus fascinant à proposer cette année. Le thème du rachat impossible des fautes du passé est au coeur de ce film allemand, qui nous a subjugués par son sérieux et sa capacité à rendre son récit prenant jusqu'au bout. En effet, le dispositif de la porte qui donne sur un univers parallèle est aussi usé que celui de l'invasion d'une force maléfique, respectivement exploités dans la série du Monde de Narnia et L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel. Mais la construction adroite de cette histoire, l'assurance du ton, et un fond moral riche en implications existentielles garantissent un divertissement de haut vol.
Le réalisateur Anno Saul sait conférer le dilemme de son protagoniste avec une économie de moyens typiquement germanique. Il n'y a guère de parenthèses comiques - qui virent en plus plutôt vers le macabre - pour alléger la tension remarquable du récit. La rédemption de David, qui paraissait initialement comme une deuxième chance à peu près parfaite, se transforme progressivement en un cauchemar, à la limite plus effrayant que le deuil insoutenable de Léonie. Le quotidien préservé de la banlieue, décrit avec une formidable attention aux détails de ce style de vie très répandu en Allemagne, montre petit à petit sa vilaine face cachée. La pression du groupe ne s'exerce alors pas exclusivement sur David pour qu'il garde son secret, mais également en tant que symbole saisissant d'un conformisme social, dont les quartiers résidentiels huppés sont le repaire privilégié.
Cette notion de la condamnation sans issue, perpétuée par un engrenage de la culpabilité, peu importe les motivations finalement honorables du protagoniste, confère une gravité au récit, qui fait défaut à la plupart des films fantastiques. La possibilité de revenir en arrière ne sert alors qu'à exacerber le côté sombre de la nature humaine et à insister sur notre impuissance à réellement prendre le contrôle de notre vie, gouvernée par des dispositions et des influences extérieures sur lesquelles nous n'avons pas de prise. Mads Mikkelsen exprime cette malédiction avec l'intensité et la sincérité qu'on lui connaît, même s'il est doublé pour l'occasion. Après Adam's Apples de Anders Thomas Jensen et Le Guerrier silencieux de Nicolas Winding Refn, l'acteur danois tient ici un autre rôle marquant, grâce auquel il prouve une fois de plus à quel point il compte parmi les comédiens européens les plus éclectiques et exigeants de sa génération.

Vu le 30 janvier 2010, à l'Espace Lac, Gérardmer, en VO

Critique de Mulder

Avec Moon, voici le film de la sélection officielle qui a retenu le plus mon attention. Ce quatrième film du réalisateur allemand Anno Saul est une réussite par le fait qu'il permet de réinventer le concept du retour dans le temps et de livrer ainsi un film fort et superbement interprété par Mads Mikkelsen (le Chiffre dans Casino Royale).

David le personnage principal de ce film subit par la faute de son inattention la mort de sa fille. Cinq ans plus tard, il trouve un passage qui le fait revenir en arrière et lui permet ainsi de sauver sa fille. Pourtant, les choses ne vont pas être aussi faciles pour lui et il devra subir des éléments impondérables (sa propre mort, un voisin perturbateur).

Plusieurs films, comme Si c'était demain et Retour vers le futur ont déjà traité avec succès du voyage dans le temps, mais sans y inclure une dimension sociale et psychologique importante. Ces films privilégiaient le grand spectacle au détriment de l'analyse de leurs personnages principaux. Ce film réussit avec un mininum d'effets spéciaux et une machine à remonter le temps apparaissant comme une simple porte dans un tunnel souterrain, à mettre en avant la psychologie des personnages, de la femme trompée à l'ami trop présent. Surtout, il montre qu'un enfant est moins dupe qu'un adulte et plus à même d'accepter l'inimaginable.

Ce film montre une nouvelle fois que pour réussir un bon film fantastique, il n'est pas forcément indispensable de mettre en exergue des effets spéciaux brillants. Non, il suffit simplement d'avoir un bon scénario, un bon casting et surtout un réalisateur brillant.

Je ne saurais trop vous conseiller de voir ce film, qui mérite d'être primé à Gérardmer. La grande simplicité du réalisateur venu présenter son film est à l'image de celui-ci : sobre, efficace, et plein de vitalité.

Vu le 30 janvier 2010, à l'Espace Lac, Gérardmer, en VO

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