Témoins du mal (Les)
Francesca porte une attention maladive sur son fils nouveau-né, à cause de la mort de son premier enfant dix ans plus tôt. Pour lui permettre de se reposer, elle loue avec son mari Pedro une grande demeure isolée, qui avait appartenu auparavant à l'évêque récemment décédé. Francesca y entend des bruits suspects et des voix de trois filles, qui avaient accompli des miracles dans la maison un demi-siècle plus tôt.
Critique de Tootpadu
L'effort considérable d'un point de vue formel et narratif, que le réalisateur Elio Quiroga met dans les transitions entre l'action contemporaine et les documents d'époque, porte trop tardivement ses fruits dans ce film d'épouvante espagnol. Ce n'est qu'à la toute fin, lorsque la version censurée de l'histoire des trois filles est dévoilée, que le dispositif visuellement encombrant des défauts sur la fausse pellicule argentique trouve une justification toute relative. Arrivée décidément trop tard pour modifier encore notre opinion plutôt réservée sur ce film, cette petite touche nous donne néanmoins l'espoir qu'Elio Quiroga, qui en est quand même déjà à son troisième film avec
Les Témoins du mal, est en théorie capable de nous surprendre.
Car en pratique, rien de vraiment palpitant se passe pendant la durée du film. L'histoire d'une maison hantée et du secret sinistre que l'église catholique cherche à y cacher suscite certes quelques frissons mineurs. Mais dans l'ensemble, le manque d'originalité évident de l'intrigue et la mise en scène au mieux serviable ne nous ont point mis en émoi.
L'obligation de croire tant soit peu à l'agissement spirituel qui anime habituellement ces histoires d'exorcisme et de la fin du monde à cause de la manifestation du diable, en réduit considérablement la portée universelle. Pour tout spectateur athée qui se respecte, ce genre de film ressemble toujours à une sorte de propagande risible, à moins que sa facture se démarque par une expertise exceptionnelle qui rend crédible le mystère. Ce qui n'est de toute évidence pas le cas ici, d'où notre indifférence mesurée face à ce film passablement divertissant.
Vu le 31 janvier 2010, à l'Espace Lac, Gérardmer, en VO
Critique de Mulder
Ce troisième film de Elio Quiroga arrive malheureusement trop tard, sans convaincre totalement. L'intrigue est intéressante et dénonce une nouvelle fois les monstruosités faites au nom de la religion et exploite les thématiques de l'enfance et de la maison hantée.
Dans une vieille bâtisse, un jeune couple avec un bébé vient emménager, sans savoir que cette maison est hantée par une force maléfique. Avec l'aide d'une vieille femme et d'un prêtre, la femme du couple va tout faire pour protéger son enfant. Sur la base d'un synopsis vu déjà dans de nombreux films, celui-ci n'apporte réellement aucune nouveauté et se confond dans une intrigue lente et paresseuse. Pourtant, ce film se laisse voir avec intérêt, en partie gråce à des acteurs et des effets spéciaux convaincants.
De même, ce film n'arrive pas à atteindre la maestria de La Secte sans nom de Jaume Balaguero et encore moins la force de Fragile du même réalisateur. Dans la mouvance du film espagnol L'Orphelinat, Les Témoins du mal a comme grand défaut de ne pas réussir à pétrifier les spectateurs dans leur fauteuil. La dernière scène du film, montrant l'élévation du prêtre devenu un martyr volontaire, est très risible et peu convaincante.
Reste que ce film est une assez bonne surprise en soi, car il montre que l'Espagne, avec l'Angleterre, est bien la terre de la renaissance du cinéma fantastique. Face à l'hégémonie américaine, la présence de ce film dans la sélection officielle n'est que des plus salutaires.
Vu le 31 janvier 2010, à l'Espace Lac, Gérardmer, en VO