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Indian palace | Note générale: 3.5
Indian palace

Indian palace

Parmi un groupe de sept retraités anglais, chacun a ses raisons personnelles pour se laisser tenter par l’annonce de l’hôtel Marigold en Inde, qui promet une fin de vie luxueuse et tranquille. Tandis que ce sont des soucis d’argent qui obligent la veuve Greenslade et le couple Ainslie à s’exiler à l’autre bout du monde, l’ancienne gouvernante Donnelly doit y subir une opération, l’ancien juge Dashwood revient sur les traces de son passé, et les célibataires Madge Hardcastle et Norman Cousins espèrent une dernière conquête sentimentale. A leur arrivée, ils tombent des nues face à l’état délabré de l’établissement, qui ne tient debout que grâce à la volonté de son jeune gérant, optimiste en toute circonstance.
Note générale
3.5
Sortie: 2012-05-09 | Durée: 124 minutes
Réalisateur: John Madden
Genre: Comédie de vieillesse

Critique de Tootpadu

Qui aurait cru que John Madden, un réalisateur habituellement d’une médiocrité inoffensive, voire affligeante, soit un jour capable de nous concocter une comédie dramatique aussi vigoureuse et pleine de sagesse qu’Indian palace ? Aucun de ses films précédents – pour la plupart des divertissements exécutés convenablement mais dépourvus de la moindre personnalité – ne nous a en effet préparés à une histoire aux qualités humaines indéniables, de surcroît administrées avec une légèreté subjuguante. Or, c’est justement cela que ce film hautement charmant se permet d’être en toute simplicité. Il réussit à nous inspirer et à faire couler quelques larmes, en dépit du risque omniprésent de colporter un tas de clichés, à la fois sur les vieux et la culture indienne, selon le point de vue fascinante ou inquiétante.
L’invasion par voie d’externalisation d’un groupe de vieux Anglais, mal chez eux à cause d’une précarité matérielle qui passe pour de la richesse dans les pays plus pauvres, aurait facilement pu emprunter le chemin d’un choc des cultures caricatural, où chacun campe sur ses positions jusqu’à ce que le répertoire des blagues tendancieuses soit complètement épuisé. On le doit à l’humour du scénario remarquable d’Ol Parker et à l’efficacité plutôt subtile de la mise en scène, que cette aventure exotique célèbre joyeusement quelque chose d’infiniment plus universel que les marottes de vieillards dépaysés contre leur gré : la capacité de s’adapter et de se réinventer pour trouver un nouveau souffle de vie aux endroits les plus improbables et surtout à un âge où la décrépitude physique et mentale limite sérieusement les options pour le faire.
Le ton décomplexé de cette cure de jouvence jubilatoire permet ainsi à l’ensemble prestigieux d’acteurs de briller tout en finesse. Le plus empressé de concrétiser ses projets paraît en effet être le principal personnage indien, interprété avec toujours la même exubérance par un Dev Patel séduisant, alors que ses pensionnaires adoptent un état d’esprit plus défaitiste, qui sera miraculeusement transformé en une joie de vivre communicative, s’ils se laissent porter corps et âme par cette vague de la différence que leur nouveau domicile et ses traditions représentent. Entre des mains moins attentives à ce message peut-être un peu simpliste, mais certainement en mesure de réchauffer le cœur des nihilistes les plus incorrigibles, l’odyssée en terrain inconnu aurait aisément pu s’apparenter à une farce opportuniste, profitant de l’engouement récent pour les histoires de vieux et les pays lointains. Heureusement, John Madden et ses collaborateurs ont su en faire une leçon de vie ébouriffante, qui ne prend à aucun moment ses personnages ou le spectateur de haut, mais qui parvient au contraire à faire ressentir l’essence humaine de son intrigue dans toute sa richesse et sa diversité !

Vu le 26 avril 2012, au Club de l'Etoile, en VO

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