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Raid (The) | Note générale: 3
Raid (The)

Raid (The)

Au petit matin, une unité d’élite de la police de Jakarta, sous le commandement de Jaka, prend d’assaut une tour délabrée au sommet de laquelle réside le parrain de la drogue Tama. Cette opération sécrète s’enlise dès le sixième étage, lorsqu’un jeune indic donne l’alerte et que tous les locataires, des dealers au service du caïd, se déchaînent contre les policiers.
Sortie: 2012-06-20 | Durée: 101 minutes
Réalisateur: Gareth Huw Evans
Genre: Policier
Interdit aux moins de 16 ans

Critique de Tootpadu

Les bastons spectaculaires ne manquent pas dans ce film indonésien, qui tient parfaitement sa promesse, à savoir de l’action, de l’action, et encore de l’action, peu importe les dégâts ! Comme dans un jeu vidéo soumis au culte de la violence exacerbée, l’histoire de The Raid consiste pratiquement sans exception en un enchaînement de séquences de combats plus ou moins rapprochés, où les balles fusent de partout et où les os sont brisés sans ménagement. Tout ce qui relève de l’intrigue y est tenu au strict minimum, afin de permettre aux héros sans peur – et sans signe d’affaiblissement non plus – d’affronter une horde inépuisable d’adversaires coriaces. La vie humaine ne vaut pas chère dans le contexte d’un tel massacre ininterrompu, qui orchestre avec pompe l’élimination en accéléré des personnages, mais qui ne s’en émeut nullement.
Or, c’est précisément dans cette froideur de l’âme que le bât blesse dans le troisième film du réalisateur gallois Gareth Evans. Contrairement à un autre huis-clos explosif, Nid de guêpes de Florent Emilio Siri, voire au chef-d’œuvre de cette transposition dans un milieu urbain suffocant d’une figure originaire du western, Assaut de John Carpenter, nous n’éprouvons à aucun moment quoique ce soit de profond pour ces personnages caricaturaux. Il ne suffit en effet pas de dresser quelques antagonismes sommaires, comme celui du flic spirituel contre le flic sportif, du ripou contre le valeureux qui n’abandonnera jamais ses camarades, du frère indigne et du frère modèle qui ne doit pas mourir parce qu’il sera bientôt papa, pour conférer de la gravité aux bases rudimentaires du scénario. Les rares revirements censés pimenter la narration sont par conséquent déjà prévisibles longtemps en avance, ce qui rajoute au caractère hautement conventionnel de l’intrigue.
Néanmoins, côté casse, ça y va sans la moindre inhibition. Le public pour lequel ce genre de film bourrin représente une forme d’échappatoire à une société autoritaire qui ne veut pas d’eux se délectera amplement de cette apologie de la violence. Il vaudra cependant mieux ne pas la prendre trop au sérieux, si l’on veut éviter une condamnation en bloc de ce film, aussi efficace que malhonnête dans son message en guise d’alibi moral pour tant de cadavres empilés sans scrupules.

Vu le 4 juin 2012, à la Salle Pathé Lincoln, en VO

Critique de Mulder

Après un premier film d'action classique et non mémorable, Merantau, rien ne laissait présager que le second film de Gareth Evans allait devenir un film culte pour différentes raisons. Certes, l'excellent accueil au festival international de Toronto (prix du public) laissait présager un film d'action simple et efficace, mais en aucun cas un uppercut sanglant.

Le scénario est assez simpliste : une troupe de policiers d'élite de vingt jeunes bleus doivent interpeller un baron de la drogue situé en haut d'un immeuble de trente étages dans lesquels résident les pires criminels, dealers, et tueurs à gages. Le résultat par contre dépasse notre attente et nous livre un film culte instantanément. La puissance du film provient du fait que, comme dans un jeu vidéo, plus la troupe d'élite progresse au fil des étages, plus le danger devient grand. Hormis les deux membres les plus aguerris, elle finira donc à se faire exterminer par le nombre impressionnant d'ennemis.

Le réalisateur s'appuie sur les classiques du genre pour faire fonctionner son film. La musique omniprésente est ainsi très inspirée par celle de John Carpenter (Assault, Fog), tandis que le film rappelle notamment Piège de cristal, mais sans le style du maestro John McTiernan. Dans cette période actuelle, ce film nous rappelle au bon souvenir des films d'action qui ont marqué nos mémoires. Dans la lignée de la saga du Transporteur et en attendant le brillant Safe, ce film remplit donc aisément son cahier des charges.

La seule critique que l’on pourrait retenir vient du manque de moyens, qui empêche le réalisateur de livrer une œuvre totalement maîtrisée. Comparé aux films de John Woo, A toute épreuve et The Killer, le film ne tient pas totalement la concurrence mais se présente comme un digne héritier. Reste que voir un simple film indonésien dépasser ses frontières et réussir à s'imposer par lui-même comme un modèle du genre est salutaire.

La fin ouverte du film permettra à son réalisateur de bénéficier enfin du budget qu'il souhaitait pour faire de celui-ci une trilogie. Les studios américains ont déjà acheté les droits et produiront un remake avec l'aide de l'acteur principal comme chorégraphe des scènes de combat.

Vu le 24 juin 2012, au Gaumont Disney Village, Salle 8, en VF

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