Rock forever
En 1987, la jeune Sherrie Christian prend le bus pour Hollywood, afin d’y faire carrière en tant que chanteuse. Mais à peine débarquée sur le célèbre Sunset Strip, elle se fait dévaliser. Drew Boley, qui travaille comme homme à tout faire au club légendaire Bourbon Room, lui vient en aide et lui permet même d’y décrocher un emploi. Les deux musiciens en herbe ne tardent pas à tomber amoureux, mais la tentation de la célébrité mettra un terme à leur relation.
Critique de Tootpadu
Il y a dix ans,
Moulin Rouge de Baz Luhrmann apparaissait comme la promesse d’une véritable renaissance de la comédie musicale au cinéma. Depuis, l’euphorie soulevée par cette adaptation hautement romantique de tubes est péniblement retombée, puisqu’il faut se contenter une décennie plus tard de navets aussi insipides et fades que ce film-ci. En dehors du fait que
Rock forever pioche fort maladroitement chez d’autres contes sur les chimères de la célébrité,
Showgirls de Paul Verhoeven en tête, c’est surtout son aspect péniblement artificiel qui nous a le plus agacés. Pour une histoire qui est censée promouvoir l’état d’esprit déchaîné de la musique rock au détriment de la bienséance engoncée du puritanisme américain, pareille superficialité moribonde s’avère forcément préjudiciable.
Tout au long de cette litanie de chansons rock massacrées sans le moindre égard pour nos oreilles, nous assistons donc à un défile déplaisant de zombies, c’est-à-dire de personnages tellement caricaturaux et creux que même une énième descente de Tom Cruise vers la vulgarité n’arrive pas à insuffler un peu de vie à ce triste spectacle. La présence de la superstar est même symptomatique de tout ce qui ne va pas dans le huitième film du réalisateur Adam Shankman. L’acteur se démène comme il peut pour camper une légende décatie du rock. Mais son bagage extra-filmique, récemment devenu plus compromettant avec ce troisième divorce qui risque de tourner encore plus au vinaigre que les précédents, le confine dans une aura asexuelle qui ne sied nullement au rôle.
Ses comparses ne s’en sortent guère mieux : il n’aura fallu que d’une séquence atroce à Catherine Zeta-Jones, criarde et sans finesse, ni vigueur quand elle entonne « Hit me with your best shot » de Pat Benatar, pour anéantir toute la bonne volonté en termes musicaux que sa prestation dans
Chicago nous avait inspirée ; la romance gaie entre deux personnages masculins ne sonne pas seulement faux, mais elle s’inscrit hélas parfaitement dans le cahier de charges social et culturel d’un film dépourvu de la moindre sincérité dans la forme et dans le fond ; enfin, espérons que cette bouse cinématographique, comparé à laquelle « High School Musical » est du grand art, marquera à la fois le début et la fin de la carrière du couple vedette Julianne Hough et Diego Boneta, totalement dépourvus du charisme et de la prestance vocale qui nous feraient éventuellement gober un tel conte de fées mal ficelé !
Vu le 21 juin 2012, au Paramount Opéra, Salle 3, en VO
Critique de Mulder
Les comédies musicales récentes adaptées à l'écran sont guère mémorables (
Le Fantôme de l'opéra,
Mamma mia). Hormis quelques chefs-d'oeuvre des années 1960, comme le cultissime
West Side Story, aucun film n'a laissé dans nos mémoires une trace indélébile et surtout nous a donné l'envie de nous lever et de nous laisser immerger totalement dans l'ambiance.
Rock forever ne déroge pas à cette règle, malgré des points forts indéniables. Il es inspiré de la comédie musicale "Rock of Ages" qui avait connu un grand succès à Broadway, dont la force venait de la reprise des tubes rock qui ont marqué les années 1980 : Jon Bon Jovi, Scorpions, ... .
Le réalisateur, qui avait déjà réalisé des comédies grand public comme Hairspray (2007) et Histoires enchantées (2008) ne semble guère croire en sa propre histoire. Le film n'arrive pas réellement à décoller et à nous présenter des numéros musicaux mémorables. Certes, certains passages sont très réussis. Mais malgré un début très prometteur (la scène du bus), les numéros musicaux qui suivent sont guère transcendants, la faute à une réalisation simpliste et à des erreurs de mise en scène frôlant l'indigeste (la scène du disquaire et celle de la rue sous la pluie).
Pourtant, le réalisateur ne rate pas son principal objectif, qui est de divertir son public et de lui donner l'envie de se lever et d'aller danser grâce à un casting enjoué. Le film réussit à s'imposer par l'excellente prestation de Tom Cruise. Son rôle est le pivot du film, en icône du rock'n'roll accompagné de son fidèle compagnon Hey Man, il rend ses lettres de noblesse aux star du Rock qui ont marqué nos mémoires (Axl Rose, Jon Bon Jovi, ...). Le casting est complété par des comédiens n'ayant pas peur de casser leur image, comme Catherine Zeta-Jones et Alec Baldwin.
Ce film ne restera pas comme un classique. Il se laisse cependant regarder sans trop de mal.
Vu le 21 juin 2012, au Paramount Opéra, Salle 3, en VO
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