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Keep the lights on | Note générale: 2.5
Keep the lights on

Keep the lights on

En 1998, le réalisateur de documentaires Erik se cherche encore. Trentenaire et satisfait de sa vie d’homosexuel à New York, où il enchaîne les rencontres sans lendemain, il fait un soir la connaissance de Paul, un agent littéraire qui prétend être bisexuel. Les deux hommes ne mettront pourtant pas longtemps avant de former un couple fusionnel. Leur relation va être mise à rude épreuve au fil des ans, surtout en raison de la dépendance de Paul aux drogues.
Note générale
2.5
Sortie: 2012-08-22 | Durée: 102 minutes
Réalisateur: Ira Sachs
Genre: Drame

Critique de Tootpadu

Les photos qui servent d’arrière-plan au générique du quatrième film du réalisateur Ira Sachs, des clichés d’hommes musclés et à peine vêtus dans des positions suggestives, ne reflètent nullement la morosité qui s’emparera trop rapidement de Keep the lights on par la suite. Elles sont l’antithèse idéalisée d’une vision de l’homosexualité au quotidien, qui ne fait certainement pas rêver. L’aspect assez glauque de la vie d’Erik et de son copain, ponctuée de la quête effrénée d’un plan sur le réseau téléphonique – époque pré-virtuelle oblige – et d’une toxicomanie qui n’ose pas dire son nom, rend par conséquent notre adhésion plutôt difficile. Puisque ce n’est au fond qu’un film qui colporte à sa manière les clichés du style de vie gay urbain, en les associant sans une finesse narrative particulière aux passages obligés d’une épopée conjugale au fil du temps, nous lui préférons largement Week-end de Andrew Haigh. Certes, le bonheur romantique n’est sauf ni dans l’un, ni dans l’autre. Mais au moins il se dégage une intensité sentimentale de l’affaire de quelques jours, qui fait cruellement défaut à ce film-ci.
Hélas, notre point de comparaison serait davantage Party boys de Dirk Shafer, une orgie ennuyeuse de sexe et de drogues du début du millénaire, qui se complaisait tout autant dans une posture d’observateur de la philosophie d’autodestruction, propre à une partie de la communauté gaie à ce moment-là. L’arc temporel est plus vaste ici, mais l’intrigue étirée sur une décennie ou presque ne gagne pas pour autant en vivacité grâce au statu quo qui change plusieurs fois. La facture du récit tend même à s’inspirer un peu trop de l’impuissance d’Erik de tirer son amant d’affaire, au point que la narration se traîne mollement d’un chapitre arbitraire à l’autre.
Seul le documentaire – vrai ou faux, peu importe – que le protagoniste tourne en parallèle de ses déboires privés brille par le genre de ton mordant, qu’on cherche autrement en vain dans ce film. La complaisance d’attribuer au film-dans-le-film le Teddy du Meilleur Film gay au festival de Berlin, alors que Keep the lights on allait lui-même être distingué de la sorte, n’enlève rien au fait que les quelques observations sur le culte de la beauté éphémère chez les homos qui y figurent dressent un constat bien plus poignant du savoir-vivre gay que toutes les jérémiades du couple mal assorti réunies.

Vu le 25 juin 2012, au Club de l'Etoile, en VO

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