Paris Manhattan
A quinze ans, Alice a fait la découverte de l’univers de Woody Allen. Depuis, elle ne jure que par le réalisateur américain, avec lequel elle entretient un dialogue imaginaire qui lui permet d’affronter les épreuves de la vie. Comme celui de ne toujours pas avoir trouvé de mari, alors que sa sœur Hélène s’épanouit avec Pierre, qu’Alice avait pourtant rencontré en premier. Pendant que son entourage cherche désespérément à la caser, Alice fait la connaissance de Victor, un spécialiste en alarmes qui n’a vu aucun film de Woody Allen. Entre les deux, c’est loin d’être le coup de foudre, mais à force de se croiser, Alice et Victor apprennent à apprécier leurs petits grains de folie.
Critique de Tootpadu
Les films de Woody Allen – au moins les meilleurs d’entre eux, puisqu’il est tout à fait normal d’avoir quelques ratages dans une filmographie aussi large – sont intelligents, amusants, et presque toujours investis d’une ironie caustique qui est l’image de marque du réalisateur hautement prolifique. Ce premier film, en guise d’hommage indirect au microcosme citadin peuplé de personnages passablement névrosés qu’Allen passe au crible sans le moindre ménagement et sans que l’endroit précis n’importe réellement, n’est hélas rien de tout cela ! Au lieu de reprendre le flambeau d’un certain humour juif, dont Allen lui-même a de plus en plus de mal à renouveler le répertoire,
Paris Manhattan est le genre de comédie estivale mal ficelée et creuse, qu’on n’aurait pas tort d’oublier rapidement.
Après une entrée en la matière plus que laborieuse, avec ces sauts dans le temps nullement organiques, qui ne réussissent même pas à conférer un semblant de vécu aux personnages, le récit peine sérieusement à trouver le ton juste pour faire fonctionner une histoire d’amour dépourvue d’originalité. Alice et Victor ont beau se tourner autour pendant longtemps, le scénario ne leur offre aucune occasion pour créer des étincelles au sein de ce couple prétendument improbable. La longue file de leurs rencontres est davantage rythmée par des gadgets, qui risquent parfois de prendre l’aspect d’une publicité cachée, pour des vélos, des trottinettes, des hôtels de luxe, des supermarchés urbains, et toutes sortes d’autres objets. Ces derniers n’ont au demeurant pas grand-chose à voir avec les objectifs romantiques d’une histoire, tellement décousue qu’elle ne s’égare au moins pas vers une effusion démesurée d’eau de rose, le plan final au ralenti mis à part.
La condition humaine est raillée sans retenue dans les films les plus aboutis de Woody Allen. Chez Sophie Lellouche, nous ne pouvons même pas être sûrs qu’elle ait bien compris les rouages des rapports amoureux et familiaux, tant son scénario et sa mise en scène ennuyeusement arbitraires tâtonnent dans un flou narratif le plus complet !
Vu le 2 août 2012, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 16, en VO