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Au-delà du réel | Note générale: 3
Au-delà du réel

Au-delà du réel

Le professeur Eddie Jessup, un chercheur dans le domaine des troubles psychologiques, est fasciné par les hallucinations qu'il éprouve pendant une séance dans un caisson d'isolation. Obsédé par la découverte de nouveaux stades de la conscience, le scientifique part, des années plus tard, en Amérique latine afin d'y assister à une cérémonie ancestrale, sous l'emprise d'un buvage des indigènes. Il en ramène, de cette drogue, et retente l'expérience du caisson après en avoir ingurgité une quantité conséquente. Le voyage psychique qu'il commence alors va l'emmener jusqu'aux origines de lui-même.
Note générale
3
Sortie: 1981-09-30 | Durée: 103 minutes
Réalisateur: Ken Russell
Genre: Fantastique
Interdit aux moins de 12 ans

Critique de Tootpadu

Les sphères aériennes de l'interrogation existentielle dans lesquelles ce film s'élève dès le début ne sont pas le genre d'endroit où on s'attendrait à trouver une production hollywoodienne d'envergure, même au début des années 1980. D'ailleurs, il reste quelques vestiges de la décennie précédente, avec sa dépendance aux drogues et la quête d'une autre conscience spirituelle. Mais ce qui frappe surtout, c'est que, pendant le premier tier du film, il ne se passe pratiquement rien. Que des paroles plus ou moins vagues sur la nature humaine, qui montrent en théorie la voie à suivre et qui placent le film dans une sorte de suspension abstraite des plus fascinantes, détachée des exigences dramatiques habituelles.
La suite se conforme davantage à un cinéma psychédélique riche en effets, et pauvre en raisonnements scénaristiques. Alors que la visite chez les Indiens paraît tout droit sortie d'un film de Jan Kounen, les deux mouvements suivants de l'intrigue conjuguent des thèmes pas moins familiers. Le côté Mr. Hyde de la sortie nocturne au zoo ne mène par contre pas tellement plus loin que le feu d'artifice qui éclate dans tous les sens pour la dernière immersion dans le bassin de la création. En cela, Au-delà du réel montre sans gêne à quel point il se fait récupérer par les impératifs commerciaux, qui n'auraient sans doute pas permis une conclusion moins spectaculaire et moins ringarde.
Techniquement, ce film mené avec acharnement par un Ken Russell encore bien vigoureux à l'époque, reste cependant très impressionnant. L'admirer dans une belle copie en 70 mm aide sans doute à profiter des prouesses de la bande son et de la musique brillamment expérimentale de John Corigliano. Mais même les effets plus (les trips) ou moins (le maquillage) extravagants ont très bien resisté à l'épreuve du temps.

Revu le 18 mai 2007, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO

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